La clope, la vape et moi …

Personnellement j’ai une expérience compliquée avec le tabac. J’ai le souvenir enfant et adolescente d’avoir été une fervente défenseure de l’air sain, évitant le préau du lycée les jours de pluie, ça n’empêchait pas ma mère de me poser des questions. Elle savait que je ne fumais pas, mais l’odeur de mes vêtements de fumeuse passive empestaient si fort que le doute pouvait s’installer. Mon premier souvenir de cigarette ? 14 ans en voyage scolaire aux Pays-Bas, une taffe, peut-être deux et j’ai craché mes poumons aussitôt. Suite à cette expérience, mon cerveau avait assimilé cigarette = pas bon, pouha = poumons crachés, et loin de moi l’envie de réitérer.

Quand on me demandait une « clope », je répondais « non je ne fume pas, ça donne le cancer. » en bonne donneuse de leçons. Je me réjouissais de mes bonnes habitudes et refusais de subir la fumée des autres. J’ai en tête ce souvenir d’un trajet pénible en train pour rentrer chez mes parents un vendredi soir, ne trouvant de place que dans le wagon « fumeurs ». Je me sens vieille du coup en écrivant cette phrase. Oui j’ai connu l’époque des wagons fumeurs et des gens qui avaient leur cigarette au bec au bureau.

Puis est venue une période un peu difficile, j’avais 20 ans, j’avais rencontré un garçon que je croyais gentil, mais il a décidé de rompre d’une façon un peu moche au bout de deux mois (zapper l’anniversaire de sa copine, c’est pas très classe, tu vois …). Et dans ma tourmente, je l’ai fait … peut-être que l’inhalation passive y était pour quelque chose, et je trouvais quelque chose de relaxant au final à humer la fumée des autres … je ne me cherche pas d’excuses, mais j’ai fini par acheter un paquet de cigarettes, le paquet rouge de « Gauloises » légères. Et ça ne m’a pas déplu cette fois, j’ai voulu dire à mon corps « non, je VEUX que tu fumes alors tu fumes », j’ai réitéré.

Au final, je n’ai jamais vraiment réussi, et tant mieux pour moi, à être dépendante de cette m…, peut-être parce que je me contentais juste de « crapoter », ou peut-être parce que j’avais la chance d’avoir des parents non-fumeurs … ce qui m’a finalement rendue « fumeuse occasionnelle ». Je ne fumais que lorsque j’avais mes poussées d’angoisses, ou alors j’étais celle qui « taxait la clope » à un pote en soirée. Le paquet me durait quatre jours dans le pire des cas, mais ça ne m’empêchait pas de sentir les effets pas glamours : haleine de chacal au réveil, cendres sur le bureau, et vêtements qui sentent le tabac froid. A une époque, j’ai opté pour le cigarillo, le petit « Café-Crème » que j’ai consommé à la même fréquence. Et ça a duré des années comme ça, alternant des cycles.

Puis un jour j’en ai eu marre, et je me suis dit quitte à me détendre, qu’un livre de poche coûtait le même prix qu’un paquet, puis au moins la couverture ne comprenait pas de photos ignobles d’escarres, cancers et autres difformités. A cela, on peut dire que les réformes sur les paquets ont leur petit effet. Je suis restée longtemps 100% non-fumeuse, un peu plus de deux ans, puis un jour j’ai racheté un paquet « pour voir » … et je n’avais rien perdu. Beurk.

Et un jour, mon chat est mort, ce chat qui regardait d’un air intrigué mes volutes de fumée, quand je me posais sur le canapé … avec le chagrin difficile à gérer, je suis retombée dans la spirale des cycles. Moi qui portais l’exigence de chercher une compagne non-fumeuse, j’étais mal placée. Et cet été, alors que j’étais en mode « zero clope … pour le moment » j’ai rencontré quelqu’un, du genre « je ne fume pas, je n’ai jamais fumé, et si tu fumes c’est sur le balcon ». Chouette, parce qu’il n’y a rien de plus immonde que de sentir la fumée quand j’ai le nez dans mes tartines le matin. Mais les aléas de la vie aidant, mon stress grimpant, j’avais à nouveau une montée … bon si je ne fume pas devant elle, je prends quand même le risque d’avoir un cendrier qui traine sur le bureau, les vêtements qui sentent, la non-garantie d’avoir une haleine fraiche-colgate tous les jours, et puis je n’ai pas envie d’acheter une image moche qui va avec, etc etc … et puis … et puis j’ai pensé à ces odeurs intrigantes qui sortaient des cigarettes électroniques de mes collègues de bureau. Au début je me suis méfiée … est-ce sain d’inhaler un produit chimique qui CHAUFFE ? Il y a du plastique là-dedans ? Sérieusement, où est le piège ???

J’étais dans la rue. A gauche, le bureau de tabac. A droite, la boutique spécialisée de vape. La pilule bleue ou la rouge ?

Et voilà comment j’ai un jour franchi la porte de ces vendeurs spécialisés, gouté aux e-liquides, la plupart en 0% de nicotine, parce que finalement, ma dépendance était surtout dans ma gestuelle, plus que dans les substances. Parfois je rajoute quelques gouttes de boost de nicotine, mais sans plus. et des pièges, il n’y en a pas. Du moins il n’y a pas assez de recul à ce sujet, mais entre le Propylène Glycol, la Glycérine Végétale, et des arômes qui rentrent dans la composition des compléments alimentaires, je me suis sentie rassurée (avez-vous lu la liste des composants d’une cigarette ? Qu’on ne me dise pas qu’il vaut mieux fumer que vapoter). Et il n’y a pas de plastiques dans les atomiseurs.

C’est ainsi que j’ai découvert l’univers de la vape et sa philosophie : monter des set-ups, comprendre les lois d’ohm, faire ses propres liquides etc … il y a là dedans une part de créativité geek qui m’amuse bien, je dois dire. La cigarette électronique, ce sont des milliers de personnes qui sont délivrés de l’enfer du tabac. Sans compter les fumeurs passifs autour d’eux. Car non, il n’y a pas de « vapotage passif ». J’ai également découvert les vertus apaisantes du CBD, ce qui fera peut-être l’objet d’un billet. Bon il y a eu un souci, la miss n’aimait pas l’odeur de la vapeur … mais mince, je ne vais quand même pas aller sur le balcon pour vapoter comme une fumeuse, non ?

Est-ce que tes fringues vont sentir ?
Est-ce que ce sera le SMOG dans ton salon ?
Est-ce que tes jolis dessins vont jaunir ?
Bah … non, quoi.

Je ne pense pas fumer à nouveau du tabac un jour (et en plus, ça jaunit les livres). Après, peut-être trouvera-t-on une maladie déclenchée par le vapotage. A ce moment là, je pense que j’arrêterai. Là où le bât blesse, c’est que j’ai déjà reçu des remarques désobligeantes sur ma nouvelle habitude, chose qui ne se produisait pas avec la « tueuse ». A ces gens-là, j’ai envie de leur dire : « Informez-vous, éteignez TF1, et au fait … j’ai 37 ans, donc … je suis grande et je sais ce que je fais, merci. »

Le web a 30 ans

Avant-hier, le WEB a fêté en grandes pompes son anniversaire, et pas des moindres. Parce que 30 ans, c’est pas mal … trente ans, ce sont les premiers cheveux blancs, les premières rides, les premières émulsions de sagesse, aussi.

Puis je me suis rendue compte que ça faisait longtemps que je n’avais pas parlé de mon métier sur ce blog, un brin délaissé. Tous les blogs sont aujourd’hui plus ou moins délaissés, merci les GAFA.

Il y a dix ans, j’aimais bien me poser une heure ici pour discuter sociologie du web, comment il pouvait évoluer : j’avais vu éclore le web 2.0, celui qui dans son entière utopie, permettait le partage, le commentaire, la diffusion plus facile, voire automatisée. C’est une époque où les spécialistes du web essayaient d’imaginer le web 3.0 … pariant sur un web sémantique.

Cf : Analyse de la bulle Web 2.0

Aujourd’hui force est de constater que ce web libre, d’échange de partage et de contribution n’est pas si présent qu’on l’eut cru. Certes il est présent sur les plates-formes de réseaux sociaux, Facebook en tête, cf. Pourquoi Facebook va dominer le www …. et puis ça aussi : Avancée vers le micro-blogging

Le web : ce métier qui avance tel un TGV

En dix ans, nous avons vu bien entendu croitre le taux d’utilisateurs d’internet, qui ont changé d’habitudes d’utilisation : si avant l’ordinateur était indispensable, aujourd’hui c’est 50% de surfeurs qui utilisent leur smartphone ou leur tablette, obligeant ainsi les développeurs à innover … c’est ainsi que se sont démocratisés Twitter Bootstrap, la notion de Responsive Design, mais également des frameworks, rendant un code plus clair et maintenable, créant ainsi la notion de dette technique : fini le site « codé à la va-vite, mais qui marche ». Les langages se sont adaptés, comme PHP, qui est devenu un langage plus précis, optimisé. Les avancées sont telles que ces outils ne sont plus forcément utilisés pour des sites web, mais carrément pour des applications web. Ce qui nous permet à nous, développeurs web, d’étendre nos champs de compétences, et ce qui a divisé le métier : aujourd’hui nous pouvons parler de « développeur full-stack » (il gère les outils de gestion de contenus et leur affichage), « développeur back-end » (qui ne gère que les outils de gestion de contenu), « développeur front-end (qui ne gère que l’affichage) », et puis le touche-à-tout « devOps » (qui fait du développement mais aussi de la gestion de serveur, de l’intégration continue etc …). L’intégration continue est arrivée avec cette explosion d’utilisateurs : car il est question de nos jours de parler de forte charge, de tests unitaires et tests fonctionnels pour débarrasser tout bug qui puisse décourager un visiteur. Il faut maximiser les efforts, rendant le métier de plus en plus exigeant. Mais pour quelle finalité ?

Si les développeurs s’amusent en essayant un nouveau Framework en train de sortir, débattent pour savoir si PHP c’est mieux que GO, si NodeJS n’a pas été qu’un truc à la mode, derrière il y a des gens et des comportements.

Un web pas si décentralisé …

Le web2.0 était-il une utopie ? car si nous excluons ces fameux GAFA, que reste-il finalement à part des sites corporate ? Quid des blogs qui nous permettaient la création de cette ideosphère d’informations, ce regroupement de communautés, si cher dans nos esprits en 2007 ?Car le nouveau web repose sur ces géants, Google, Apple, Facebook, Amazon. Nous avons vu éclore lé métier de « Youtubeur » qui partage sa vie et ses opinions via rétribution de l’entreprise. Nous n’échappons pas au slogan « mets un petit pouce bleu ! ». Et derrière il y a tout un merchandizing : car quiconque est aspiré par une page Facebook, se promène sur le compte Youtube (ou inversement) pour atterrir sur une page Web qui contiendra un plug-in pour acheter des goodies sur … Amazon. Le web repose entièrement sur ces 4 firmes et laisse peu de chances à la concurrence. IL FAUT SE FAIRE CONNAITRE SUR FACEBOOK, YOUTUBE. Et les gens vont donner leur avis sur Facebook et Youtube, et un peu sur Twitter et Instagram (groupe Facebook, rappelons-le), et toute l’e-réputation vient de là. Car remarquez-bien : la plupart des sites web d’information ont supprimé le post de commentaires, l’information est redevenue bilatérale.

Sans compter le plus grave : ces organismes ont le malheur d’accéder à ces contenus, mais il se permettent aussi de juger et censurer !!! Cependant, le partage d’informations via ces plate-formes et beaucoup plus facile que toute une procédure de création de site … donc les gens y restent présents, et tout est fait pour simplifier le « travail » des gens qui publient : panneaux avec phrases toutes faites, boutons, like etc …

Si en 2010, le commentaire pertinent sur les blogs, en réponse à des billets argumentés, joutes oratoires entre blogueurs, était ce qu’il faisait la force potentielle de ce web 2.0 en 2007, on remarque hélas qu’en contrepartie, en 2017 il n’y avait plus beaucoup de sites d’informations qui proposaient cette fonctionnalité, alors que Google se sert des liens contenus dans nos propres sites pour propulser le référencements des sites mentionnés dans ces commentaires, et permettait justement une promotion de cette décentralisation.

L’envers du décor

Du coup, quid des partages de l’individu lambda ? Va-t-il soulever des gros soucis de société ? Partager son œuvre ? En fait l’individu lamba parle de lui. Il publie les photos de ses enfants (oubliant le DANGER qu’il y a derrière. Et puis son gosse, sera-t-il heureux de ses exploits sur le pot de chambre archivés, 20 ans après ?), de ses voyages. Mais c’est LUI en premier plan, transformant le concept de l’autoportrait (à la base artistique) en selfie … l’individu parle de lui, il est égoïste, il est selfish. Pour l’exemple la semaine dernière en me promenant dans l’Alcazar, j’ai pris l’ascenseur avec deux jeunes filles qui devaient avoir 13-14 ans, et qui passaient leur temps à se tirer le portrait. Mais au final quelle est l’utilité de savoir qu’Emma et Gwendoline étaient à l’Alcazar ce mercredi ? à la limite elles auraient pu faire leur selfie sur une table d’étude entre deux bouquins. Car c’est ça, faire parler de soi, quelque soit l’enjeu, même en sortant des cabinets avec une moue en cul-de-poule : il faut se monter, être beau et souriant, il faut des likes, comme dans cet épisode tellement vrai de « Black Mirror » où les gens sont jugés via leur note ! Et leur photo sera postée sur Instagram à tous les coups. Mais au final, est-ce le meilleur moyen de juger d’autres humains ? Ou est-ce plus simplement des cris d’alarmes de nos égos en souffrance ?

Le like : la nouvelle monnaie du futur ?

Le plus choquant est le concept d’ « ami ». Car l’ami Facebook est devenu une entité qui est soumise à validation, et peut du jour au lendemain être supprimé : un être humain est devenu un KLEENEX jetable, pour le moindre prétexte : rupture, dispute, absence de signe de vie, etc … On se supprime, on se bloque, on s’efface, des rituels devenus aujourd’hui quotidiens alors qu’ils n’existaient même pas il y a 20 ans de ça. Quand on était fâché, on ne se parlait plus, on ne se voyait plus. On se « jetait », mais l’acte n’était pas réellement pratiqué.

Et puis il y a le relayage des infos plates, mais ce sujet a déjà été abordé ici : phrases toutes faites, vidéos d’émissions de télé, photos mal cadrées de lieux mille fois vus : une info pauvre, pas toujours vraie. Les statuts Facebook sont constitués d’une phrase à minima, ou d’une image de phrase toute faite, et on en vient à crouler sous ce flot.

Les commentaires sont difficiles à suivre également, car on retrouve beaucoup de récits (trop) personnels ou des disputes de comptoir : car le Facebooker de base est virulent et il ne faut pas le contrarier. Ce n’est plus de l’échange simple d’avis, c’est du « moi j’ai raison, va te faire foutre », car rappelons-le, il est selfish. Regardez le nombre de matchs de boxe qu’on peut trouver, sur n’importe quelle page anodine comme par exemple celle de … « Plus belle la vie« . Juste parce qu’un épisode n’a pas plus, une COMMUNAUTÉ qui partage le même goût pour une même série s’étripe !!

Quand j’ai fait mes études d’InfoCom en 2003, on parlait déjà de pléthore d’informations … du coup là, quel serait le mot adapté ? Pourtant la bonne info existe, il suffit juste de la chercher.

Diaboliser le web ? Non !

Pourtant le web demeure, derrière ces propos sociétalement négatifs, une merveilleuse invention.

Le E-learning n’existant pas il y a 20 ans de cela. Pourtant il permet à beaucoup de gens, soucieux d’attiser leur faim de connaissances, de s’instruire. J’ai personnellement acquis mon niveau en allemand rien qu’avec des cours trouvés sur Internet ! N’oublions pas ces organismes de formation en ligne qui nous permettent également de pouvoir suivre un cursus tout en continuant d’exercer son métier. L’interactivité permet de multiplier les supports : vidéos qui vous mettent en situation, supports et exercices à télécharger et imprimer, possibilité de poser des questions et créer des communautés. Nous sommes sauvés !

J’achève ici ce constat de 10 ans de web 2.0. Au prochain épisode, je vous propose ma vision du web 3.0. qui commencé déjà à éclore. Je vous laisse sur ces mots de Tim Berners-Lee, qui évoque entre autres la charte du web. Je me rends compte également que j’ai beaucoup à dire sur ce sujet, que je viens d’en écrire beaucoup et que ceci fait office d’introduction à un projet éventuel …

C’était plus qu’un chat …

Il y a sept ans de ça, j’adoptais un chat … à l’époque je sortais d’une grosse déception amoureuse, peut-être la plus forte de toute ma vie (façon mange ça bien comme il faut, tu l’as cherché), et qui m’avait conduite à découvrir les joies du running (je sais, ça rappelle fortement « Forrest Gump », mais c’est vrai que ça soulage), mais ça ne suffisait pas.

Alors j’ai fait une chanson composition musicale :

Mais il fallait autre chose, une présence, un compagnon, une boule de poils qui m’apporte cette affection que j’avais besoin.

C’était alors un nouveau coup de foudre qui m’attendait, cette petite boule de poils toute noire avec de graaaaands yeux jaunes tout mignon, tout gentil. Et on a appris à se connaitre.
La première des choses qu’il fallait faire, c’était lui trouver un nom et je n’étais pas inspirée : les chats trouvés en fourrière n’ont pas de noms choisis à la SPA, et j’ai mis le temps avant de trouver. Mais le minou bien que tout doux et gentil, se révélait vite assez caractériel et aimait bien exiger pour se faire servir. C’est ainsi qu’est venu « Pacha », puis « Pasha » car l’orthographe avec le s est aussi possible et je trouvais ça plus sympa sur lui … et puis phonétiquement ça ne change rien.

Pasha s’est montré au début craintif, anxieux, parfois sur la défensive : il est resté caché le premier soir et a exploré mon appartement petit à petit. Il est resté muet durant deux trois mois, posant de multiples interrogations … mon chat ne miaulait pas, ce n’était pas un causeur. Et puis un soir, il s’est mis à s’exprimer.
Un peu.
Beaucoup.
Et parfois c’était devenu beaucoup trop.
Pasha était en fin de compte un vrai petit orateur, ce qui occasionnait parfois de vraies conversations, chacun dans son langage, et même des disputes, comme un vrai petit couple.

Ha, au niveau couple. Mes amantes devaient se tenir à carreaux avec lui et surtout ne pas s’aviser de parler mal à son sujet. Je suis même allée jusqu’à rompre car une d’entre elles avait eu (sans le vouloir, je pense) un geste un peu brusque à son égard alors qu’il voulait lui dire bonjour. Mon lit était SON lit et il avait sa place, même quand je dormais avec ma moitié. Il a partagé mes crèves, veillant sur le lit à côté de la malade que j’étais, nous avions fini par compter l’un sur l’autre, à notre façon.

En Pasha bien nommé, il aimait le foie gras et le saumon fumé, et a failli par atteindre un bon poids de 6 kilos au stade adulte. Il se prenait pour le petit roi, déambulant dans les pièces comme une petite panthère : je suis Bagheera, le maitre de ces lieux. Il était jaloux, parfois possessif : il n’aimait pas le téléphone, et me tournait autour en pestant dès que je commençais à parler au combiné. (alors que 5 minutes avant, il dormait et se fichait bien de savoir que je m’intéressais à lui). Si ça n’allait pas comme il le voulait, gare, il pouvait se glisser dans mon panier de linge sale pour y laisser une remarque, à sa façon.

Il adorait les femmes, et craignait les hommes.

Et puis un jour ça vous tombe dessus, sans prévenir. Je l’ai amené chez le vétérinaire car il avait des crises de vomissements. Le verdict est tombé. Insuffisance rénale aigüe. Il s’est est sorti une première fois. Pas la deuxième.

Il est parti. Il n’avait pas encore 8 ans.

Des gens m’ont dit « ce n’est qu’un chat ». Non ce n’était pas qu’un chat. C’est un compagnon qui a suivi mes aventures pendant 7 ans. M’a vue rire, m’a vue pleurer. M’a rappelé à son bon souvenir un jour où ça n’allait vraiment pas. Me faisait obligatoirement un câlin au réveil, ronronnant à mon oreille. C’était mon ami. Et je suis aujourd’hui inconsolable. Même si je m’accroche, continue le sport, ce programme de bioinformatique, ces révisions pour ma certif Symfony.

Je cherche des exutoires, j’ai découvert l’œuvre inspirante de Sophie Calle, qui a collaboré entre autres avec Pierre Lapointe, que j’aime beaucoup. Ce travail tourne autour de son chat mort, et du vide que crée sa perte.

Inspirée par ce kaléidoscope créatif, j’ai alors pensé à lui créer une chanson, un air jazzy à la guitare sur lequel je vais travailler avec mon professeur.

Je lui ai dédié cette mini-série urbex « Ravage et Désolation » pour exprimer par l’image mon état intérieur.

J’ai pris rendez-vous avec mon tatoueur, lui exposant mon idée, car une page se tourne.

Il n’est plus là. Et je n’aurais jamais pensé, il y a 7 ans, que perdre un animal pouvait faire aussi mal.

C’était plus qu’un chat.

Spark, deux ans après.

Il y a un peu plus de deux ans, je m’inscrivais au programme Spark, comme je l’avais mentionné dans un de mes anciens posts.

Et depuis ? Que s’est-il passé ? Comment ai-je affronté mes soucis du quotidien, développé mon leadership, sorti ma version 2.0 ?

2016
Dès que le programme commence, c’est sur les chapeaux de roues. On me demande de réaliser des travaux, et le premier n’est pas des moindres. Je demande à 25 personnes de me citer 3 qualités ! Ouch, ça commence pas mal … et déjà ça fait réfléchir sur l’image que je donne de moi. Je suis agréablement surprise. De plus, le hasard a voulu que je fasse une rencontre amoureuse, et que je démarre dans une nouvelle entreprise  à ce moment-là.
Au bout du deuxième et troisième mois, il se passe quelque chose d’étrange. Tout se passe bien, c’est le monde des Bisounours, l’enfant que j’étais se réveille à nouveau, j’ai juste envie de me servir au buffet de la vie et de faire pleeeiiiiiin de choses. Je termine mes projets prévus, et je me dis « whouah, je fais quoi en 2017 ? ».  Comme je n’avais pas de tableau blanc, je prends la porte de la pièce qui me sert de bureau (promis je rends l’apparte nickel) et fais un tableau sur lequel je colle plein de post-its, en deux mots je suis juste en train de SCRUMER mon année :

Je me sens déraisonnable, je veux courir le Marseille-Cassis, faire une formation de photographie, devenir mentor chez OpenClassrooms en parallèle de mon job, passer une certification Symfony, une certification niveau A de mon allemand, et surtout je VEUX ETRE CONFERENCIERE AU PHP FORUM … bref je me sens UNSTOPPABLE.

2016 s’achève, je suis en larmes à l’idée de quitter cette année qui a été si belle, malgré les difficultés que la vie apporte, malgré tout.

2017. Le printemps.
J’avance au fur et à mesure mais sens que mon année va être chargée. La vie a fait que ma relation s’est terminée en février, et les choses dans mon travail sont en train de changer, il y a du mouvement, mais qui me déplait : j’étais bien dans mon ancien service, et ça doit être re-visité ! Je pose ma candidature de mentorat, et la réponse tarde. Mince, je dois tenir mes engagements, hop, je m’inscris en formation photo, via une école en ligne.
Je suis encore un peu sous le coup de ma rupture et dans une mauvaise énergie, le programme SPARK se termine et j’ai fini tous les modules. Mais à ce moment-là, je fais un rejet total de Franck Nicolas, et de la communauté Spark  … mon esprit tout entier ne peut plus le supporter, mais à la fin, pour qui se prend-il à faire ses leçons de choses ? et ce fan-club qui l’idôlatre, qui reprend toutes ses expressions, c’est bon les gens, c’est un humain comme vous, avec ses qualités et ses défauts, et il fait caca comme tout le monde !!! Et puis c’est bon, c’est fini, j’ai plus besoin de lui. Je tiens de moins en moins bien mes miracle mornings, je n’ai jamais été du matin de toutes façons.

Je débroussaille mon site AD URBEX : il y a un souci au niveau du référencement, ce qui explique le peu de visiteurs !!! Je veux faire parler de mon projet, je fais une grosse compagne de com’, contacte les webzines et les journaux, et La Nuit me dédie un article !!! J’adore !!!

Au final, le mentorat ne peut pas se faire. Aïe, j’accuse le coup, comme un boxeur qui tombe sur le ring ! ça fait vraiment mal à l’égo, et demande conseil auprès de ma coach perso. Mais je rumine, rumine, rumine, et je ressasse, encore et toujours. Et vient le coup de grâce : un problème au pied, pas grave mais assez méchant pour m’empêcher de courir pendant plus d’un mois, poser mon pied par terre est douloureux et cette coupure avec le sport, alors que je courais souvent, me perturbe. Au travail, je comprends que je ne pourrai pas avoir le poste que je convoitais, et ne le vis pas très bien. J’essaie de relativiser : Franck disait bien « Vous allez avoir plus de problèmes, car vous allez agir plus dans votre vie !! Vie = Problèmes !!! ». Sur ce coup ci, notre coach des coachs, il n’a pas tort ! Mes post-its eux, se retrouvent barrés petit à petit quand les challenges sont réalisés, ou décalés de mois en mois, en mode agile, mais je commence à réaliser que j’ai surestimé ce que je pouvais faire en un an. Qui me dit que cette année 2017 s’accomplira en deux, voire trois ans ?

Vient le moment tant attendu : mon dossier est retenu pour le PHP Forum !!! Et c’est juste dément cette sensation que j’ai ressenti à la réception de cette réponse positive, aussitôt suivie d’un bon moment de stress. Cette présentation est faite lors d’un séminaire qui regroupe les meilleurs développeurs de France. Il fallait que j’assure, et j’ai relevé le défi fin octobre. Je me donne une tape sur l’épaule, je suis fière de moi, et recommencerai volontiers.

Et puis je m’inscris également en auto-entrepreneur, pour accroitre mes revenus, et je ne pensais à ne plus avoir à faire cette démarche, après l’avoir été pendant une année il y a dix ans. Mais je voulais réussir ce challenge, pour monter que j’en étais capable. Au travail, je commence à me poser des questions, je veux monter en compétences, je sens que je le mérite, mais je n’ai pas la reconnaissance en retour. Je décide de me fixer un bon repos pendant les vacances de Noël, et passe le nouvel an dans un petit village de montagne pour faire le point sur ma vie : mince, j’avais fini Spark, mais elle est où, la Amelaye 2.0 ??? Je ne savais pas encore, dans ce bilan trouble et incertain, que j’étais dans ce que Franck appelait le « printemps », j’ai semé, semé, mais rien ne pousse encore. Franck, il me manque au final, je finis par réécouter ses podcasts et pense que malgré ce côté « mascotte »,  il a quand même une méthode qui a fait son effet chez moi. Give me more, Franck !

2018. L’été.
Je ne projette rien de nouveau pour cette année, me contentant de reconduire mes projets de l’an passé qui n’ont pas abouti.

A la TV, un reportage montre les travers des coachs en ligne, et Franck n’est pas épargné. Mais on a beau dire tout ce qu’on voudra, sa méthode donne un sérieux coup de pied dans la fourmilière. Et puis il est juste … humain, avec ses qualités et sa part sombre, comme nous tous.

Je termine mes certifications en allemand. Le bilan est super satisfaisant, en sachant que ce n’est pas évident d’apprendre une langue étrangère une fois adulte, ich bin so stolz auf mich !!
Je décide pour pallier certains trous dans ma confiance en moi, de m’inscrire au Week-End Spark. Au final ça aura été une bonne décision, car niveau travail, j’ai perdu le sens, je tourne en rond et sens que j’ai fait le tour, et une nouvelle opportunité s’offre à moi : celle de monter en compétences et de devenir lead dev. Challenge accepted, je démissionne, non sans regrets car j’ai des valeurs, et j’avais des projets chez eux. En parallèle, une chose incroyable se produit : j’ai une nouvelle chance pour être mentor chez OpenClassrooms ! Deal ! Et je me régale de me sentir utile.
Quand à mon apprentissage de la guitare, tout devient plus simple : ce qui me semblait impossible me devient accessible.

Les graines que j’ai semées poussent enfin, et d’un coup !!! C’est incroyable !! Mais je ne relâche pas. Car dans mon travail actuel, les challenges sont de mise et des gens comptent sur moi. De nouveaux challenges jamais relevés, parfois difficiles, mais qui valent vraiment le coup.

Je me mets alors à faire quelque chose de nouveau : j’investis mon argent dans certains placements : je me forme, et j’utilise mon don ultime découvert lors du deuxième module de Spark, mon hypersensibilité, pour mettre à profit mon intuition. J’entends parler de blockchain, d’ICO, de crowdfunding, et … j’ai faim d’en savoir plus, j’ai ce même coup de coeur qu’il y a 20 ans quand j’ai découvert Internet et le web … c’est juste l’avenir, I’m part of it  !!! Give me more !!!

Mon bilan à deux ans
Je commence à comprendre comment je fonctionne, quand je dois me poser et quand je dois donner un coup de levier à mes projets. J’ai l’impression d’avoir pris un bon coup de maturité, je pense différemment, je suis moins en proie à l’émotionnel et à la peur, je ne cède plus à l’autosabotage et me remets en question en me fiant à mon ressenti. Un mélange d’être toute autre mais de retrouver des anciennes part de moi que la vie avait dissimulées. Ai-je parfois des coups de mou ? Bien sûr ! Ai-je parfois des réveils stressés en plein milieu de la nuit ? ça m’arrive. Comme tout un chacun, mais plus comme avant.

Amelaye 2.0 est sortie cette année. Et ça fait du bien !

Et j’ai une petite idée d’Amelaye 3.0 😉 … la suite au prochain épisode.

Bref. J’ai sauté à 4000m (et ça tourne mal).

Il y a des moments dans la vie où on a envie de repousser ses propres limites, surtout quand on fait du développement personnel, qu’on veut prendre confiance en soi et valser avec ses propres peurs. A vrai dire, depuis que j’ai commencé cette démarche il y a deux ans, l’idée à commencé à me trotter dans la tête, pour ne plus me quitter. Et quand une idée me trotte dans la tête depuis si longtemps, c’est que je dois la mettre à exécution.

Du coup j’ai profité de WES (un séminaire de confiance en soi et de leadership sur 3 jours) pour prendre ma décision. C’était décidé, dans le mois (mai), je saute, that’s it. Et quand je prends une décision, je ne lâche rien. Ceux qui me connaissent savent pourtant à quel point je balise sur un escabeau pour changer une ampoule : oui, j’ai un vertige de malade, et j’ai tendance à éviter les manèges à sensations fortes. Même il y a de cela trois ans, je me souviens avoir dit à ma copine de l’époque « Ne m’offre JAMAIS de saut en parachute, je ne pourrais JAMAIS sauter du haut d’un avion avec mon vertige ! ». Mais je voulais me mettre au défi, donner naissance enfin à cette Amélie 2.0 qui commence à avoir un léger retard de livraison … ça patche sévère, il y en a eu du chemin parcouru depuis, et je peux en être fière, mais ce n’est pas encore ça. Bref, rentrée de mon séminaire, je cherche l’aérodrome le plus proche (Aix-les-milles) et prends rendez-vous pour le 20 mai. Haut les coeurs.

Le 18 mai, je passe chez le médecin pour réaliser mon certificat médical, et alors que je suis dans mes petits souliers, lui se montre peu encourageant « vous n’avez jamais sauté, 4000 mètres ce n’est pas rien, je vous trouve un peu légère ! ». Sympa. Mais non, je reste ferme. Amelaye sautera le surlendemain, c’est non-négociable.

La nuit d’après, comment dire … j’ai sérieusement commencé à baliser, ne parlez pas de dormir, ça n’a pas vraiment été le cas : « Pourquoi j’ai fait ça, pourquoi j’ai fait ça … ». Et pense à toutes les issues fatales : Je fais un malaise en plein vol, pire, je fais un arrêt cardiaque en plein vol (merci docteur), aucun parachute ne s’ouvre, l’avion s’écrase … ha oui. J’ai peur en avion aussi. Le combo gagnant.

Je pars à l’aérodrome, non sans avoir fait mes adieux éventuels à mon chat. Ma mère n’en parlons pas, je ne lui ai même pas soufflé mot là-dessus. Et pendant tout le trajet, je me demande pourquoi je fais ce que je suis en train de faire. L’accueil à l’aérodrome est sympa et bon enfant, les parachutistes sont souriants et travaillent dur sur leurs pliages (j’envie leur patience). Mon moniteur s’appelle Kevin, a un fort accent britannique et je lui demande plusieurs fois de répéter car il parle vite et mon temps de réflexion sous le stress, est divisé par deux. On me fait signer une décharge comme quoi j’ai bien compris les instructions, et la personne à contacter en cas de … décès. Gloups. Oui, pour l’assurance ils sont obligés de mettre ce champ. J’enfile mon harnais, « très important, enchérit Kevin, quand l’avion est là, suis-moi surtout avant de monter, à cause de l’hélice ! ». Oops. Avant même de sauter, je peux lamentablement me changer en sushis. Pas cool. Je fais bonne figure, mais dedans je suis une vraie tempête émotionnelle … pourquoi je suis là, mais prends tes jambes à ton cou et rentre chez toi, Amélie … non, je DOIS le faire (je peux être plusieurs dans ma tête …).

L’embarquement dans l’avion est particulier, nous sommes six, deux sauteurs accompagnés chacun d’un para et d’un cameraman (j’ai pris l’option video), tous serrés les uns contre les autres dans un vieux coucou qui m’a l’air un peu branlant : « Agrippe toi plutôt au cameraman, pas à l’avion il est pas très solide ! ». Nous décollons et petit à petit, nous survolons les nuages … « Regarde, ça c’est Aix-en-Provence, là-bas c’est l’Aeroport de Marignane, là c’est l’aérodrome qu’on a quitté, et là-bas c’est Pertuis, la Durance, et là, tu vois la Sainte-Victoire … parfois on voit le Mont Ventoux mais là c’est trop couvert ». C’est joli, j’ai l’impression d’être dans une émulation de Google Maps. A 3500 mètres, je suis littéralement sur les genoux de mon moniteur, qui m’accroche bien à lui (mais dans ces moments-là, la proximité avec ton para est le dernier de tes soucis). Le rideau en plastique s’ouvre, l’air s’engouffre dans l’appareil, tout le monde se « tcheck ! », et le tandem qui est avec nous saute en premier, littéralement aspiré par le ciel. Et vient mon tour. Mais pourquoi, mais pourquoi, mais pourquoi je suis dans ce vieux coucou, j’ai les jambes dans le vide, à 4000 mètres de la terre ferme, et je ne peux plus faire marche arrière … et j’ai cette tête-là quand je réalise que Kevin va basculer :

Qu’est-ce que je fais là moi ???

Sans prévenir, le moniteur donne de l’élan, nous voilà à notre tour dans les airs, et là mon cerveau se met en off … pas vraiment, je me retrouve la tête en bas et les pieds en l’air un court moment avant de passer en position horizontale, et je sens la panique me gagner … mais qu’est ce qu’il se passe ? je n’ai jamais été confrontée à telle situation, mon esprit et mon corps ne comprennent pas vraiment ce qui est en train d’arriver, biiip biiiip, les alertes retentissent de toutes parts dans mon cerveau. Et là j’ai fait le pire exercice de gestion d’émotions de ma vie. « ça va bien se passer, laisse toi aller, lâche prise », c’est un combat dans ma tête, les pompiers éteignent le feu que mes neurotransmetteurs m’envoient, je me contente de bouger un minimum et me calmer, je file à 200kms/heures vers Aix, mes bras sont propulsés vers le haut, mes joues bloblotent et j’ai le souffle coupé. Il m’arrive juste quelque chose que j’appréhende un max : je n’ai aucun contrôle sur ce qu’il se passe. Hormis ça tout va bien ! Waouh ! Sourions à la caméra 😀 !

I believe I caaaan flyyyyyy …

Au bout de quelques dizaines de secondes, mon moniteur me fait signe : il va ouvrir le grand parachute, et je remonte d’un trait de quelques dizaines de mètres ! Je me calme pour de bon, le rythme est pépère, je prends les commandes, je descends tranquillou, passe un coup à droite, un coup à gauche, je repère un bâtiment abandonné dans le coin, admire le viaduc d’Aix, je remarque The Camp. Kevin m’explique que le temps se gâtent et que c’est déjà arrivé (pas à Aix mais ailleurs), par temps orageux que des parachutistes meurent, aspirés par les strato-cumulus. Ok. Il fait bien de me le dire une fois pas trop haut. Il reprend les commandes « tu te souviens de ce que je t’ai dit ? ». Voui. Au moment d’atterrir je lève les pieds, pour éviter qu’on perde l’équilibre.

Un peu groggy et les jambes tremblantes je me remets de mes émotions. Yes, au fond j’ai kiffé, même si l’émotion était bien bien là. Satisfaite de moi, je me sens … unstoppable. Et depuis, je me dis que si j’ai été capable de sauter à 4000 mètres, je peux faire bien de belles autres choses … comme faire un guili à une araignée ? (nan, plus tard, ça)

Comment j’ai juste failli me faire avoir sur leboncoin.fr

Je commence à être une habituée des ventes sur Le Bon Coin et jusque là ça s’était plutôt bien passé.
Là j’ai voulu vendre un vieux stylo de marque que j’ai depuis quelques années … un vrai beau stylo. Mais ça me met mal à l’aise d’avoir sur moi un simple stylo bille à 400 euros, d’autant plus que je les perds. Perdre un Bic ne me fera pas pleurer mais perdre 400 balles c’est une autre affaire.

Donc je poste mon annonce, deux photos clic clac un simple descriptif, la marque et bim, envoyé. Dans la journée je reçois un message direct, avec un mail, je lui envoie donc que le stylo est toujours disponible, et la réponse ne se fait pas attendre :

Je laisse toutes les coordonnées car forcément elles sont fausses

Sur le coup dans l’enthousiasme je ne me méfie pas (naïve que je suis …), ni ne tilte sur le numéro de téléphone,  et je lui envoie ce qu’il me demande. Bon, après c’est pas comme si mon nom et adresse étaient super-top-secrets-ne-le-dis-à-personne.

Et le lendemain j’ai un nouveau message qui montre quand même que le type est bien pressé, et c’est là que je commence sérieusement à tilter :

Parce que j’ai beau avoir une dose de naïveté, je ne suis quand même pas un lapin de deux semaines. La taxe me perturbe, le mandat avec western union également, et là je remarque le numéro de téléphone à rallonge, avec indicatif du … Bénin. Là ça pue sérieusement, je réponds qu’il est hors de question que je paye une taxe ni que j’appelle au Bénin, rappelle que le mandat devait bien se faire avec La Poste (la vraie) ou par chèque comme convenu, et informe cet « acheteur » que la transaction s’arrêtait là.

Sa justification pleurnicharde sans queue ni tête enfonce le clou :

Bonjour 
Soyez sans crainte c’est pour lutter contre toutes ses fraudes et la sécurisation du transfert que le directeur a procéder de la sorte donc je vous en prie veuillez le contacter pour en discuter avec lui car j’ai déjà avancé les fonds et la transaction est irréversible.aussi j’ai mon compte bloqué jusqu’à la finalisation de la transaction.S.V.P contacter le directeur MR FRANCOIS MARTIN au 0022-588-086 654  pour lui faire part de vos préoccupations sinon je risque d’avoir des soucis par ici à cause de la confiance que je vous ai accordé en vous joignant les fonds donc veuillez les contacter pour finaliser la transaction

Le souvenir de l’engagement, ça paie toujours avec les personnes faibles …

Même si ma décision de stopper la transaction net (et de protéger mes sous) était prise, je décide de regarder sur Google « arnaque leboncoin bernard estournet » … et forcément les résultats étaient équivoques.

Bref, ça m’a donc donné envie de partager cette expérience avec vous, car malheureusement mes recherches sur Google ont montré que des gens s’étaient fait avoir avec ça, qu’ils avaient perdu des sous au lieu d’en gagner, et que ces escroqueries devaient dénoncées. Je compatis aussi pour le vrai Bernard Estournet, qui s’est ainsi vu voler son identité par ces personnes peu scrupuleuses.

Si un jour vous recevez de telles propositions émanant de mon nom, j’informe par avance qu’il ne s’agit pas de moi 😉

Coup de gueule d’une « urbexeuse »

Depuis 2012 je pratique ce que je souhaite de moins en moins appeler « urbex » … disons que je pratique de la photo de lieux abandonnés. La raison de l’abandon (sans mauvais jeu de mots) de ce terme ? La voici.

En fait je suis tombée sur cet article à la base ce matin :

Inutile d’ajouter que je n’étais pas contente du tout.

De la photo, j’en fais depuis l’âge de 10 ans, et je pense que si l’informatique n’avait pas existé dans ce monde, j’aurais été de métier soit photographe soit chef cuisinier, mais passons. J’ai touché un peu à tout en photo, mais surtout des paysages, des souvenirs de voyages, en argentique, en numérique. J’adore le fait de créer une image ! Cette année je me suis même inscrite à une école en ligne pour pouvoir progresser, et qui sait en faire un deuxième métier, c’est dire …

Parallèlement, enfant, je ressentais une émotion particulière à la vue d’un endroit abandonné. Parce que je figurais son passé, les gens qui y travaillaient ou y vivaient, tous ces souvenirs délaissés dans un lieu dont plus personne ne se soucie. Souvent ce lieu disparaissait et j’ai toujours pensé qu’une dernière photo souvenir était adéquate. La première fois que j’ai franchi ce pas, j’étais seule et je n’ai pas pris de risque, c’était l’usine des 7 deniers à Toulouse, j’ai pris trois clichés vite fait.

L’idée de faire un projet m’a prise en 2011 quand un ami avait posté sur Facebook des images de Pripyat, le village fantôme à côté de Tchernobyl. Et plus loin, il avait également mis une image d’un tout autre endroit, l' »Hotel des gens de la Mer » de Lavera. En fouinant un peu sur le net, car je voulais également avoir des infos sur un vieux téléphérique abandonné, je suis tombée par hasard sur le mot « urbex » . Donc il y avait des gens qui aimaient prendre des photos, et de surplus des lieux abandonnés, et cette pratique avait un nom ! Super ! Quelques mois après j’ai rameuté cet ami, nos appareils photo dans nos sacs et nous sommes partis à la conquête des lieux désaffectés. Le beau projet photographique !!!

A ce jour mon projet concerne un site internet, un livre, des souvenirs extraordinaires, des cartes mémoires saturées, des chaussures de marche usées et un jean qui a rendu l’âme. Mais une ombre au tableau gâche la perspective d’un si beau travail, et qui prend le risque de le décrédibiliser.

Cette ombre, il suffit de taper « urbex » sur Youtube pour la voir surgir, avec elle des gamins de 15 ans qui se permettent de faire n’importe quoi. Juste en tapant « urbex » on tombe sur la liste déroulante suivante :

  • urbex qui tourne mal
  • urbex paranormal
  • urbex cadavre
  • urbex flippant
  • urbex qui tourne TRES mal

OK. Nous sommes loin de la simple photographie. Surtout quand on voit certains d’entre eux débouler avec pieds-de-biche et bombes de peinture. Ce qui aurait donc pu être une discipline sympa qui retrace le passé d’un lieu et son contexte, qui a fait aimer l’Histoire à la réfractaire que j’étais, devient le train-fantôme qui aura le titre le plus accrocheur, l’émotion la plus palpable, le passé le plus glauque. Certes, l’urbex n’est pas sans risques, mais du moment que les gens jouent avec ces risques, on peut se poser des questions. Je passe sur la pratique douteuse de l’accumulation des mots « cadavre, flippant, cimetière », sur ceux qui sont contents de se faire arrêter par la police, et surtout les pseudo-chasseurs de fantômes !!! Sérieux les mecs !!! En cinq ans que je pratique l’urbex, si les fantômes existaient, ça se saurait !!!

Voilà un exemple de ces videos putaclic :

Et il est content le petit … Pas envie de sortir ma petite phrase « j’ai vomi » … j’en pense pas moins.

Bref. Pour ceux qui auraient envie de décrédibiliser MON projet : je suis une jeune femme photographe de 35 ans. Et je suis LOIN, mais TRES LOIN de ce « nouvel âge » de l’urbex, devenue hélas la nouvelle mode, le nouveau buzz, quitte à massacrer les lieux. Et j’ajoute que l’urbex est une pratique vraiment dangereuse qui ne se pratique PAS à la légère. Du coup … j’utilise de moins en moins ce terme, espérant que mon interlocuteur ne lève pas les yeux au ciel quand je lui parle de mes petites visites. tout ce que j’aspire à faire, ce sont des photos de plus en plus jolies, et ce dans le respect de l’endroit, n’en déplaise aux journaleux avides d’AMALGAMES. Le clic, je m’en ****.

Amelaye vous salue bien.

 

« Abandons et souvenirs », le livre

La plupart de mes lecteurs le savent, je pratique l’urbex depuis maintenant plus de 4 ans.

Un apprentissage d’un style photographique particulier, qui changeait de la photo de voyage ou la photo évènementielle (je fais allusion à ce passé lointain où j’étais pigiste). Bien sûr, on n’est pas obligé d’inclure la photographie dans l’urbex, mais je joins l’utile à l’agréable. Autant figer une image de ce qui ne sera plus dans quelques années, et c’est là le fil conducteur de ce projet. Saisir l’instant présent de la décrépitude.

Une aventure de 4 ans non dénuée d’émotions, sensible comme je me connais j’ai ressenti dans divers murs le passé des lieux. J’ai ressenti les ondes de violence dans une prison limite jusqu’au malaise, j’ai éprouvé de la nostalgie dans la maison d’un grand chanteur français défunt, de la compassion pour les victimes dans une clinique qui a servi de boucherie. J’ai été impressionnée dans une immense caserne allemande qui a servi de QG pour l’Armée Rouge.

Du coup j’ai voulu faire un recueil de ce que j’ai le plus aimé lors de ces visites. Il y a eu de l’écrémage, je reconnais par exemple que les photos de mes premières explorations ne sont guère transcendantes, mais il y en a qui m’ont laissée ce je ne sais quoi, de par leur histoire et ce qu’il s’en dégage.

Je vous laisse découvrir cet ouvrage, disponible chez Blurb :

Retour aux sources (ou comment mon cœur n’a jamais oublié la photographie argentique)

Quand j’étais petite (un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaitre 😉 ), la photo représentait une certaine magie. Voir ma mère arriver avec son Agfamatic (oui le format 110, vous savez, les photos au format timbre-poste), et savoir que par certains sortilèges, ça faisait au bout du compte … des images (pour un enfant on comprend que c’est beau comme concept).

A dix ans, mon cadeau d’anniversaire a été mon premier appareil photo. Il ne payait pas de mine, ce Konica EFP-J mais il a été pendant des années mon joujou préféré. Que dire de mon excitation profonde, quand la pellicule était achevée, lors de ma visite chez le photographe : « elles seront prêtes demain ! ». Et là, j’attendais, fébrile, le moment où j’ouvrirais la pochette.

Les années ont passé et je suis montée en gamme, passant du bridge au reflex. Et puis 2007 est arrivé. L’année où on se rend compte que les photographes se raréfient et que vos copains vous font sentir, que voilà, on est dans les années 2000 et il faut bien se mettre au goût du jour. Fini les investissement coûteux, les allers-retour au photographe. Et vive la photo instantanée, celle qui s’affiche de suite après la prise de vue.

Du coup j’avais mis de coté l’idée d’avoir un labo photo chez moi.

Mais c’était sans compter une bande de rebelles aguerris qui partageait cet avis. La photo en argentique, celle avec la pellicule qu’on doit faire développer, c’est autre chose. C’est la raison même de la photo, le procédé chimique originel à base de sels d’argent (d’où le qualificatif d’argentique) qu’on soumet à divers traitements chimiques, un grain, un rendu incomparable à cette image trop parfaite que rend nos capteurs numériques. Désolée pour les écolos-babas que cette phrase a choqué.

Car oui, il y a peu j’ai fait une session urbex avec mon vieux reflex argentique (un Minolta des années 90 qui est devenu trop automatisé à mon gout, au moins mon passage dans le numérique aura servi à cet apprentissage) …

Image volontairement mise en « positif » pour donner une idée des photos

Et oui j’ai pu ressentir cette vieille jubilation, cette émotion du passé en mieux : j’ai développé la pellicule moi-même, à la suite d’un stage qui vise à me préparer à tout faire dans mon labo à moi. Il ne me reste plus qu’à cette étape à tirer les images et je pense continuer dans cette lancée.

Abandonner le numérique ? je ne pense pas en venir à cette extrême mais je pense que les pellicules vont revenir dare-dare dans mon sac photo 🙂 .

2016. The end.

Jusqu’à peu, j’étais plutôt de ces gens qui se languissent de la nouvelle année, considérant celle qui va s’écouler comme un année si insignifiante avec son lot de frustrations. « Bon alors, elle a pas bientôt fini cette mauvaise année ? ».

Pourtant, cette année-là, elle était différente des autres.

Ou peut-être étais-je devenue différente ?

2016 a été une année spéciale, pleine de challenges que je m’étais décider à relever. Il y en a deux que je n’ai pas pu accomplir : le premier, la guitare. Je n’avais plus autant de temps le soir pour travailler mon instrument, compte tenu que j’étais inscrite à Spark et que ça remplissait bien mes journées. Je veillais donc à me fixer 3 grosses pierres, voire 4 mais pas plus qui comptaient le plus dans mes semaines : mon travail chez Digitick, ma nouvelle copine (on vient de fêter notre cinquième mois), mon projet AD Urbex et Spark. Le reste (l’allemand, les certifications …) étaient du bonus. J’ai aussi raté ma certification MySQL qui demandait une certaine expertise. Mais le voyage valait le coup. Si je ne m’étais pas donné ce challenge, je ne saurais rien des transactions, des vues, et autres optimisations de bases de données. Puis dans les quatre que j’ai passées cette année (PHP, ZF2, MySQL et TOEIC) c’est la seule que je n’ai pas pu obtenir.

2016, c’est ainsi l’année de la prise de confiance en moi. A travers la réussite de plusieurs certifications qui ont su me démonter ma vraie valeur, table rase d’un passé de doutes. Et il y a eu aussi Spark, où je suis partie à ma découverte, où j’ai appris des technique de gestion de peurs et d’émotions. Où j’ai appris à positiver sur ma vie. Où j’ai compris que les obstacles permettaient d’appendre. J’ai aussi compris que mon corps méritait le respect : une alimentation saine, faire du sport, boire beaucoup d’eau, éviter les sucres. Et croyez moi, je me sens bien plus jeune qu’il y a dix ans, quand on dit que 20 ans c’est le plus bel âge de la vie, pas toujours …

2016 a été également une année de renouveau. J’ai pu faire des rencontres professionnelles enrichissantes, et le destin m’a portée sur un entretien d’embauche réussi au sein de l’entreprise Digitick. Depuis des années que j’attendais d’avoir ce genre d’opportunités … elle a fini par se présenter. Et croyez-moi ça change des petites boites qui finissent par mettre la clé sous la porte !

2016, ça a été la fin et le deuil d’une relation pas top et le début d’une nouvelle, basée sur la découverte, le partage, le respect et l’enrichissement.
2016, pour terminer a été également la retrouvaille de la vraie passion de la photo, et la sortie de mon livre.

2017 sera la continuité de ce premier travail. La fin de Spark où se soldera la fin de ce long travail sur moi même. Je vais également bien peaufiner mes compétences en photographie, et revenir sur l’argentique. Il y aura d’autres certifications (mais deux ça suffit) : Symfony2 et également niveau A en Allemand. Puis je prendrai soin de mes amours, qui se construisent petit à petit. Puis plein d’autres choses 😉

Photo du jour : la super-lune cachée un soir de novembre.

Amelaye vous salue bien.